Équipement de sécurité d'un bateau fluvial : la liste à préparer

Une rivière paraît toujours plus paisible que la mer. Elle n’en comporte pas moins ses propres dangers : courant près des barrages, eau froide, berges abruptes, remous des grands bateaux, passage des écluses. Un équipement de sécurité adapté, en bon état et accessible fait partie de la préparation de toute sortie, de la balade d’un après-midi à la croisière de plusieurs semaines.
Ce que dit la réglementation
En eaux intérieures, les exigences d’équipement des bateaux de plaisance sont fixées par la réglementation de la navigation intérieure, et elles varient selon le type de bateau, sa longueur, sa motorisation et l’usage qui en est fait. Un petit bateau électrique de location, une vedette de huit mètres et une ancienne péniche transformée ne sont pas soumis aux mêmes règles.
Plutôt que de dresser ici une liste réglementaire qui pourrait ne pas correspondre à votre situation, nous présentons l’équipement généralement attendu ou recommandé à bord d’un bateau de plaisance fluvial. Pour connaître précisément ce qui est obligatoire pour votre bateau, reportez-vous :
- à la documentation de votre bateau-école ou de votre vendeur ;
- aux informations de Voies navigables de France et du ministère chargé des transports ;
- au règlement particulier de police de l’itinéraire que vous empruntez.
Pour un bateau de location, c’est au loueur de fournir l’équipement requis : vérifiez qu’il est bien à bord avant de partir.
L’équipement individuel
Les gilets de sauvetage
C’est l’élément le plus important. Il faut prévoir un gilet par personne à bord, adapté à sa taille et à son poids, y compris pour les enfants, avec des modèles spécifiques pour les plus petits.
Quelques points à vérifier :
- la taille : un gilet trop grand peut glisser par-dessus la tête dans l’eau ;
- l’état : sangles, fermetures, absence de déchirure ; pour les gilets gonflables, la cartouche et le déclencheur, selon les préconisations du fabricant ;
- l’accessibilité : un gilet rangé au fond d’un coffre ne sert à rien en cas d’urgence.
Porter son gilet en permanence est vivement conseillé pour les enfants, les personnes qui ne savent pas bien nager, et pour tous lors des manœuvres d’écluse, d’accostage ou par mauvais temps.
L’équipement du bateau
| Équipement | À quoi il sert | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Bouée de sauvetage | Lancer à une personne tombée à l’eau | Accessible, avec un bout de récupération |
| Ancre et ligne de mouillage | S’immobiliser en cas de panne moteur | Ligne de longueur adaptée à la profondeur |
| Extincteur | Combattre un départ de feu | Type adapté, contrôle et date de validité |
| Écope ou pompe | Évacuer l’eau embarquée | À portée de main, pompe en état de marche |
| Amarres | Accoster, passer les écluses | En nombre suffisant, en bon état |
| Gaffe | Repousser, attraper une amarre ou un objet | Indispensable aux écluses |
| Défenses | Protéger la coque contre les quais | Réparties des deux côtés |
| Feux de navigation | Se signaler la nuit et par mauvaise visibilité | Ampoules vérifiées avant le départ |
| Avertisseur sonore | Signaler ses intentions | Conforme aux signaux réglementaires |
| Trousse de premiers secours | Soigner les petites blessures | Contenu complet et à jour |
L’ancre, plus utile qu’on ne le croit
En rivière, une panne de moteur en plein courant peut entraîner le bateau vers un barrage ou un pont. Savoir mouiller rapidement l’ancre permet de s’immobiliser en attendant de l’aide. Il faut donc qu’elle soit prête à être utilisée, et non enfouie sous les bagages.
Les feux et la navigation de nuit
Les feux de navigation sont indispensables dès que la visibilité baisse. Sur de nombreux itinéraires, la navigation de plaisance de nuit est d’ailleurs restreinte, voire interdite : renseignez-vous avant de prévoir un trajet en soirée.
L’équipement de communication
- Un téléphone portable chargé, dans une pochette étanche, avec les numéros utiles : les numéros d’urgence, le loueur, la capitainerie ou le port d’arrivée.
- Une radio VHF, utile et parfois exigée sur certains itinéraires très fréquentés, notamment pour communiquer avec les éclusiers ou les autres bateaux. Son usage suppose de respecter les règles d’utilisation des radiocommunications.
- Le guide de navigation de l’itinéraire, avec les écluses, les haltes et les points de ravitaillement.
Les documents à bord
Il faut pouvoir présenter, en cas de contrôle, les documents relatifs au bateau et à son pilote : titre de navigation ou documents d’immatriculation du bateau, permis plaisance si la puissance du moteur l’exige, attestation d’assurance, et justificatif du péage de navigation lorsqu’il est dû. Notre article sur le permis fluvial précise ce que couvre l’option eaux intérieures.
La check-list avant chaque départ
- Un gilet par personne, essayé et ajusté.
- Bouée, ancre, écope et extincteur en place et accessibles.
- Amarres, défenses et gaffe prêtes pour les écluses.
- Niveau de carburant ou de batterie suffisant, avec une marge.
- Feux et avertisseur sonore testés.
- Téléphone chargé, numéros utiles notés.
- Météo et niveau de la rivière consultés, voir notre article sur les crues et la météo.
- Avis à la batellerie vérifiés pour l’itinéraire.
Un équipement complet ne remplace pas la prudence : naviguer en dehors de ses capacités ou par mauvais temps reste la principale source d’accidents. Mais il donne les moyens de réagir quand l’imprévu survient.
Cet article peut contenir des liens partenaires. Ils n'influencent jamais ce que nous écrivons.